M. Colloghan
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lundi 18 janvier 2016

Présentation-débat autour du livre "Occuper, Résister, Produire" le 4 février à l'IHEAL



Présentation-débat autour du livre "Occuper, Résister, Produire" : Autogestion ouvrière et entreprises récupérée en Argentine (les éditions Syllepse), écrit par Andres Ruggeri, anthropologue et sociologue à l'Université de Buenos Aires le JEUDI 4 FEVRIER (de 18 à 20 h).

L'évènement est co-organisé par l'Institut des Hautes Etudes de l'Amérique latine (IHEAL) et la maison d'éditions Syllepse, se déroulera dans l'amphithéâtre de l'institut.

La présentation sera animée par :

Andrés Ruggeri, l'auteur du livre, anthropologue et sociologue à l’Université de Buenos Aires. Compagnon de lutte des entreprises récupérées, il coordonne depuis 2002 le programme universitaire «Facultad Abierta» qui s’est spécialisé dans la recherche, le soutien et le conseil aux entreprises récupérées

Richard Neuville, co-auteur de la préface du livre, syndicaliste, militant altermondialiste, animateur de l’association  pour l’autogestion et membre du comité international de « l’économie des travailleurs ».

Maxime Quijoux, docteur en sociologie de l'IHEAL-CREDA, chargé de recherche au CNRS, au sein du laboratoire Printemps, et auteur du livre Néolibéralisme et autogestion. L’expérience argentine (les éditions de L’IHEAL).

jeudi 12 novembre 2015

Un volcan d’émancipations en construction



Richard Neuville

Ce texte est l’introduction du chapitre « Amérique indo-afro-latine » (p. 92 à 414) de l’Encyclopédie internationale de l’autogestion, Syllepse / Association pour l’autogestion, novembre 2015, 2 368 p.
http://alterautogestion.blogspot.fr/2015/11/parution-imminente-de-lencyclopedie.html

L’Amérique indo-afro-latine a longtemps été un terreau fertile pour les expériences révolutionnaires. Depuis une vingtaine d’années, en réaction aux ravages des politiques néolibérales résultant du consensus de Washington, elle est probablement devenue le principal foyer de résistance à la mondialisation capitaliste et à l’hégémonie de l’Empire. La richesse et la diversité de ces expériences permettent de qualifier le sous-continent de véritable laboratoire social. Elle apparaît comme une « zone de tempêtes » du système-monde capitaliste (Gaudichaud, 2013).

jeudi 19 mars 2015

Publication du livre "Occuper, résiter, produire" d'Andrés Ruggeri

Les éditions Syllepse publient ce mois-ci le livre d'Andrés Ruggeri "Occuper, résiter, produire" en français fin mars. Ce livre est paru en 2014 en Argentine. L'auteur, anthropologue argentin, est un des principaux connaisseurs du processus de récupération des entreprises par les travailleurs en Argentine, il a notamment coordonné les quatre enquêtes universitaires pluridisciplinaires. L'ouvrage est préfacé par Nils Solari (qui a assuré la traduction de l'ouvrage) et Richard Neuville qui connaissent bien l'auteur et qui participent au comité international de l'Economie des travailleur-se-s, qui tiendra sa prochaine rencontre mondiale en juillet 2015 au Venezuela. Une présentation de l'ouvrage en présence de l'auteur est organisé le 31 mars à Paris (voir ci-contre).

dimanche 8 juin 2014

Les entreprises récupérées par les travailleurs au Brésil

Couverture du livre "Empresas Recuperadas por Trabalhadores no Brasil"
Présentation et synthèse de Richard Neuville*

En 2013, la publication d’un livre universitaire sur le processus de récupération des entreprises par les travailleurs au Brésil est venue rappeler qu’un processus identique à celui de l’Argentine s’est déroulé dans ce pays et qu’il l’a même précédé[1]. Pratiquement inconnu en France et en Europe, celui-ci demeure pourtant une réalité qui s’est traduite par des centaines de luttes et des récupérations par les travailleurs qui ont culminées au cours de la période 1993-2003. Processus que certain-e-s d’entre-nous avions découvert à l’occasion des premiers forums sociaux mondiaux à Porto Alegre lors de visites d’usines récupérées et de rencontres avec des militant-e-s autogestionnaires directement impliqués dans le soutien à ces expériences dans l'État du Rio Grande do Sul. A l’époque, curieusement nos camarades brésiliens ignoraient les récupérations en Argentine. Les forums sociaux suivants allaient contribuer à multiplier les échanges entre les expériences de ces deux pays, tout comme le travail universitaire qui allait déboucher en 2007 sur la première rencontre internationale « L’économie des travailleurs » à Buenos Aires.

dimanche 18 mai 2014

La autogestión como alternativa

Por José Luis Carretero Miramar*

Article paru dans Contramarcha, n°66, Madrid, Mars 2014 (Journal de Solidaridad Obrera)

Ante la crisis, ante el desbarajuste capitalista: ¿Existe una alternativa económica? ¿Una democracia productiva? No sólo existe sino que está desarrollándose, creciendo, expandiéndose ante nuestros propios ojos en toda una miríada de proyectos populares autogestionarios que nos rodean y que, cada vez más, pugnan por convertirse en una alternativa real en el momento del despojo y de la devastación de los servicios públicos.

Existe una alternativa y se está haciendo en las calles. No es algo teórico, y no depende tan sólo de afortunadas formulaciones, de dignos estudios etnográficos e históricos, o de estadísticas rigurosas. Ahí, en los poros de esta sociedad, “el movimiento real que abole el actual estado de las cosas” va desplegándose, aprendiendo, expresándose, de manera cada vez más perentoria.

vendredi 8 juin 2012

Débat autogestion au café français à Aubenas le 19 juin


Mardi 19 juin à 20 h 30
au Café français à Aubenas

Une brève présentation du livre "Autogestion, hier, aujourd'hui, demain", paru aux éditions Syllepse, sera faite par notre camarade
Richard Neuville, membre du collectif Lucien Collonges, coordonnateur de l'ouvrage
et co-auteur (notamment sur les expériences en Amérique latine).

dimanche 22 avril 2012

"PRENONS LE POUVOIR, coopératives, autogestion et initiatives citoyennes"


Comme de coutume sur ce site, nous diffusons la publication de ce livre qui traîte de coopératives, d'autogestion et d'initiatives citoyennes.


"J'ai commis cette centaine de pages pour distiller le goût des utopies concrètes, celles qui se répandent jour après jour, lorsque ceux qui résistent passent aux alternatives".

François Longérinas

dimanche 23 janvier 2011

Venezuela « Les Conseils communaux et le double pouvoir »

Nous publions succéssivement deux textes sur la démocratie politique : Conseils communaux au Venezuela et Budget participatif parus dans "Autogestion hier, aujourd'hui, demain", Collectif Lucien Collonges, Editions Syllepse, mai 2010.

Richard Neuville *

« Le processus bolivarien reste sur le plan idéologique extraordinairement hétérogène. Il s’est surtout radicalisé grâce à une mobilisation exemplaire du mouvement populaire. » (Lander 2009)

Engagé depuis une décennie, le processus révolutionnaire bolivarien a suscité de nombreuses controverses et a souvent été caricaturé dans le monde occidental car il a non seulement constitué une rupture radicale avec le modèle dominant au Venezuela, mais il a également contesté l’hégémonie impériale étasunienne. En outre, il a eu de profondes répercussions sur l’ensemble du sous-continent latino-américain, où il est devenu une référence, voire un modèle pour les peuples, les acteurs sociaux et politiques de cette région.

Plus largement, il exerce un réel intérêt auprès de nombreux acteurs du mouvement altermondialiste. Ce changement est notamment incarné par Hugo Chávez Frías, leader charismatique, qui est parfois perçu de façon mythique par les peuples latino-américains et comme une référence incontournable au sein de la gauche de transformation sociale en Europe. Incontestablement, son élection en 1998 a permis de changer la vie de millions de Vénézuéliens et de modifier radicalement les structures institutionnelles, économiques et sociales du pays, tout en inscrivant la participation active au coeur du processus.

samedi 22 janvier 2011

LE BUDGET PARTICIPATF : DE L’EXPERIMENTATION DE PORTO ALEGRE AU CONCEPT

Cet article a été publié dans le livre "Autogestion hier, aujourd'hui, demain", Coll. Lucien Collonges, Editions Syllepse, mai 2010.

Bruno Della Sudda et Richard Neuville *

« Le suffrage donne le droit de gouverner, il n’en donne pas le pouvoir. Il permet le décompte d’une multiplicité de vœux individuels exprimés dans le secret des isoloirs par les hommes et les femmes auxquels la convergence de leurs souhaits ne permet point encore de s’organiser et de s’unir en vue d’une action commune.» (Gorz 1975)

Se référant ici à la préface de l‟édition allemande de 1872 du Manifeste du parti communiste, André Gorz critique le déficit démocratique du système parlementaire. Il pointe également l’écueil du bureaucratisme qui ne pourra être évité que par un éco-socialisme reposant sur des réformes radicales qui ne sont réductibles ni à « La simple conquête électorale d’une majorité », « ni à la promulgation d’une série de réformes par une coalition occasionnelle des sociaux-démocrates et des socialistes » (Gorz 1975 : 72) et qui s'inscrivent dans une optique transitoire et une perspective révolutionnaire.

dimanche 9 janvier 2011

Besançon : Rencontre-débat sur l'autogestion le 21 janvier

La librairie Les Sandales d’Empédocle
est heureuse de vous inviter à une rencontre-débat avec

Richard NEUVILLE et Bruno DELLA SUDDA
à l’occasion de la parution de l’ouvrage collectif "Autogestion hier, aujourd’hui, demain" (éd. Syllepse)

le vendredi 21 janvier 2011 à 20h30 à la librairie.
Présence de Charles PIAGET qui nous fait l’honneur de venir
partager cette soirée avec nous

Richard Neuville, militant alter mondialiste et membre du collectif Lucien Collonges, http://alterautogestion.blogspot.com/
Bruno Della Sudda, militant alter mondialiste et membre du collectif Lucien Collonges, membre de la commission Autogestion des Alternatifs.
Librairie Les Sandales d’Empédocle 95, grande rue à Besançon. Tel 03 81 82 00 88

samedi 8 janvier 2011

La Révolution espagnole : Les collectivisations en Catalogne (1936-1939)

Cet article est paru in collectif Lucien Collonges, coordinateur de l'ouvrage "Autogestion hier, aujourd'hui, demain", paru aux Editions Syllepse, mai 2010.

Richard Neuville *

« Pour qui arrivait directement d’Angleterre, l’aspect saisissant de Barcelone dépassait toute attente. C’était bien la première fois dans ma vie que je me trouvais dans une ville où la classe ouvrière avait pris le dessus. […] Tout cela était étrange et émouvant. Une bonne part m’en demeurait incompréhensible ; mais il y avait là un état de choses qui m’apparut sur-le-champ comme valant la peine qu’on se battît pour lui. » George Orwell1

Dans la nuit du 18 juillet 1936, les généraux « rebelles » déclenchent le pronunciamento et déclarent l’état de guerre dans toute l’Espagne. Depuis la victoire du Frente Popular aux élections législatives en février, la tension est à son comble entre les partisans de l’Espagne « éternelle » et ceux de l’Espagne républicaine. La reconquista engagée par les militaires insurgés marque le début de la guerre civile et de la Révolution espagnole. En effet, très vite, la résistance antifasciste s’organise. A Barcelone, Gijon, Madrid, Malaga, Saint-Sébastien et Valence, l’insurrection militaire est écrasée par le mouvement populaire. Si le pays est coupé en deux, le gouvernement républicain reste cependant en place. Dans ces villes, devant le refus du pouvoir légitime d’armer le peuple, les travailleurs attaquent les armureries et les casernes et infligent une défaite aux factieux. La République se voit discréditée pour avoir refusé de donner des armes au peuple. Dans les zones où les militaires sont vaincus, des changements importants se produisent. Une profonde transformation économique et sociale s’amorce. Elle revêt cependant une intensité variable selon les territoires de l’Espagne républicaine. En Catalogne, l’influence idéologique libertaire au sein de la classe ouvrière, la structure économique distincte de celle du reste de l’Etat espagnol et l’indépendance politique (jusqu’à la fin de l’année 1937) vis-à-vis du pouvoir central sont des facteurs déterminants pour développer une alternative autonome aux lois du marché et au rôle prépondérant de l’Etat. C’est tout l’intérêt de l’expérience des collectivisations développées en Catalogne à partir du 19 juillet 1936, qui se caractérise par la mise en pratique des principes du socialisme anti-autoritaire et constitue encore aujourd’hui « une expérience unique au monde »2.

Les entreprises récupérées en Argentine - « Occuper - résister - produire »

A la suite de la synthèse de l'enquête de l'université de Buenos Aires sur les entreprises récupérées en Argentine, nous publions cet article rédigé en septembre 2009 pour le livre "Autogestion hier, aujourd'hui, demain", paru aux éditions Syllepse en mai 2010.

Richard Neuville *

Si l’autogestion passait à des formes pratiques et concrètes et ne s’en tenait pas à des déclarations de principe, non seulement on s’interrogerait sur le mauvais fonctionnement du système existant, mais également sur la possibilité d’instaurer une économie alternative à caractère social, ce qui conduirait à rompre avec le discours hégémonique des 15 dernières années et le règne du marché. ” Gabriel Fajn 1 

Les politiques ultra-libérales, menées pendant 25 ans et particulièrement à partir de 1989, par les gouvernements dirigés par Menem et De la Rua, ont plongé l’Argentine dans la crise socio-économique la plus profonde de son histoire. Le modèle d’accumulation et de concentration financière a provoqué la fermeture continue d’entreprises dans le secteur industriel, la rupture interne de circuits commerciaux et la marginalisation de secteurs importants de la production. Les 4 années de récession, qui ont précédé la crise de 2001, caractérisées par une forte chute de la demande, du produit intérieur brut et de l’investissement, ont généré un cycle de dépression de l’économie. Cette situation a contraint de larges secteurs de la population à trouver des formes de survie, à travers le développement du troc et le renforcement des solidarités au sein des communautés de vie.

C’est dans ce contexte qu’éclate la révolte populaire du “ 19-20 ” décembre 2001, « el corralito »2 Cette explosion sociale voit émerger un extraordinaire processus d’auto-organisation sociale et de résistance avec la constitution spontanée des assemblées populaires et le développement de médias alternatifs. Parallèlement, le mouvement “ piqueteros ”3 se renforce et la récupération des entreprises par les travailleurs (ERT) acquiert une ampleur sans précédent.

lundi 1 novembre 2010

Ceralep : Quand les travailleurs refusent le diktat des actionnaires !

Nous publions successivement cinq courts articles (encadrés) rédigés par Richard Neuville, parus dans le livre "Autogestion, hier, aujourd'hui, demain", coordonné par le collectif Lucien Collonges, éditions Syllepse, mai 2010, 703p.

Richard Neuville *
L’histoire de l’entreprise Ceralep débute à Saint-Vallier (Drôme) en 1921. Elle se conjugue avec celle du capitalisme industriel et financier. Possédant un savoir-faire dans un secteur stratégique, l’entreprise est rachetée successivement par des groupes français, européens puis américain. Au gré des restructurations, l’effectif passe de 500 salariés dans les années 70 à 150 en 1990. En janvier 2004, comme des milliers d’autres ces dernières années, elle est mise en liquidation pour ne pas avoir distribué suffisamment de dividendes à ses actionnaires. Mais cette fois-ci, l’entreprise ne fermera pas. Très déterminés, les travailleurs engagent la lutte pour conserver leur emploi et poursuivre la production sous la forme coopérative.

Ceralep fabrique des isolants en céramique essentiels pour le transport et la distribution électrique. Pour résister à la concurrence japonaise, le secteur s’est d’abord restructuré dans les années 70 sous l’impulsion des principales entreprises nationales (Ceraver, Merlin Gerin, Alstom Atlantique), puis de grands groupes européens comme l’autrichien CERAM, qui est lui-même acquis en 2000 par PPC Insolators, détenu par des fonds de pension américains. En moins de trois ans, l’entreprise est poussée au dépôt de bilan. Les actionnaires du groupe estimant l’entreprise insuffisamment rentable déposent le bilan en septembre 2003 et licencient 57 personnes. Pourtant l’entreprise possède un solide carnet de commandes et produit pour 130 clients et non des moindres (EDF, SNCF, AREVA, SAGEM…). Malgré cela, la société est mise en liquidation le 31 janvier 2004 et l’administrateur ne déploie pas beaucoup d’énergie pour retrouver un repreneur. Le tribunal de commerce de Romans refuse même un projet de reprise pour un euro symbolique.

Tower Colliery : Treize années de gestion ouvrière

Richard Neuville *

« La mine de Tower représente la liaison entre la nécessité d’une justice sociale à l’échelle locale et la volonté de porter des idéaux à l’échelle internationale. » (Carré 1999)


En 1979, à peine désignée Premier Ministre britannique, Margaret Thatcher, entreprend sa « révolution conservatrice » en s’attaquant aux acquis sociaux, aux droits syndicaux et aux services publics. Elle entend prendre sa revanche avec les mineurs, responsables à ses yeux de la chute du gouvernement conservateur d’Edward Health en 1974. Elle décide pour cela de remplacer l’industrie minière par le gaz et l’énergie nucléaire, beaucoup plus cher. Une longue bataille politique s’engage alors entre la Dame de fer et le syndicat des mineurs. En mars 1984, l’Union nationale des mineurs déclenche une grève illimitée. Celle-ci sera la plus longue de l’histoire du mouvement ouvrier britannique mais les mineurs reprendront le travail un an plus tard en mars 1985 sans avoir rien obtenu. (Lemoine 1985)
 

Le mouvement de contre-culture allemand

Richard Neuville *

Entre 1975 et 1989, près de onze millions et demi d’allemands ont participé à de nouvelles formes de mobilisations : antinucléaires, pacifistes, écologistes, antiracistes, de solidarité, d’occupation, féministes, homosexuelles et contre-culturelles. (Koopmans - 1995 : 53) . Il s’agit du plus fort taux de mobilisation alternative en Europe occidentale. Dans ce climat de contestation générale, les nombreuses occupations d’immeubles appartenant, le plus souvent, à des banques ou des entreprises contribuent aux fréquents affrontements avec la police, au renforcement de la criminalisation et à un haut degré de confrontation politique avec le pouvoir.

Au milieu des années 70, des « communes » se créent à Berlin (comme la Kommune I ou la Wieland Kommune). Elles sont liées directement au mouvement étudiant et aux styles de vie de la contre-culture (par exemple des groupes formés pour la légalisation de la marijuana), mais également à la gauche radicale extraparlementaire qui, pour une partie, est à l’origine des groupes armés comme la RAF (Fraction armée rouge) au début de la décennie. Cependant, le mouvement d’occupations et les groupes autonomes prennent leurs distances, tout au moins au début, avec les organisations armées. Les squatters et les autonomes forment néanmoins les ailes les plus radicales des nouveaux mouvements sociaux allemands. Ces groupes créent des espaces de contre-culture dans les immeubles occupés et s’affrontent régulièrement avec la police lors des fréquentes protestations ou tentatives d’expulsion.  

Les athénées libertaires en Espagne

Richard Neuville *

« Pour nous, défendre et diffuser la culture est la même chose : accroître dans le monde le trésor humain de la conscience qui veille » . Antonio Machado

Ateneu llibertari - Barcelona Sants
Au cours de la première moitié du XXe siècle, les athénées libertaires tiennent un rôle essentiel dans l’émergence d’un puissant courant d’opposition autonome et antiautoritaire en Espagne. Conçus comme des lieux de culture et d’éducation, ils se développent dans l’ensemble du pays pendant la Seconde République et pallient la carence d’infrastructures éducatives officielles pour la classe ouvrière. Indubitablement, le mouvement libertaire ibérique n’aurait certainement pas eu l’ampleur qu’il a eue au cours de cette période sans les athénées. Si le mouvement renaîtra lors de la transition démocratique, il ne retrouvera pas, loin s’en faut, son essor.

Les premiers athénées, centres républicains fédéraux, se créent d’abord dans les villes au début de la révolution industrielle. Parallèlement, le mouvement coopératif diffuse largement les notions de solidarité et d’autogestion dans les zones rurales. Jusqu’au début du XXe siècle, les athénées perdent rapidement leur influence et sont absorbés en grande partie par la bourgeoisie éclairée et l’église catholique. Mais par la suite, d’autres athénées populaires naissent, les centres républicains démocratiques ou maisons du peuple, qui bénéficient d’une véritable implantation populaire pendant les premières décennies du XXe siècle. Avec le temps, ils se transforment en véritables universités populaires et contribuent au développement d’un état d’esprit critique. Au début du XXe siècle, l’Ecole moderne est créée, elle se propage sur tout le territoire espagnol et, en particulier à Valencia et en Catalogne. Mais son existence est brève, particulièrement à cause des persécutions de l’Etat et de l’église qui aboutissent à sa fermeture définitive en 1906. Néanmoins, le germe et l’esprit de l’Ecole moderne, sa pédagogie et sa méthodologie ont pénétré les consciences et, peu à peu, de nouvelles écoles rationalistes se constituent. Elles scolarisent les enfants d’ouvriers en s’appuyant sur les principes pédagogiques modernes. Avec le temps, elles se convertissent en véritables embryons des athénées libertaires. En 1917, l’Ecole Rationaliste « La Luz » à Sants (quartier de Barcelone) devient le premier Athénée libertaire en Espagne, l’Ateneu Enciclopedic Popular.

dimanche 31 octobre 2010

Les centres sociaux italiens : Une pratique autonome et radicale

En lien également le mémoire de Master de mon camarade Nathan Boumendil "Les Centres Sociaux Occupés Autogérés (CSOA) en Italie et leur rôle dans la vie politique et militante locale", " Une particularité italienne à la diversité de trajectoires et au renouvellement inégal : l'exemple romain." (sous titre)

Richard Neuville *

Après la défaite des mouvements d’émancipation des années de plomb, les centres sociaux (centri sociali occupati autogestiti : CSOA) forment à partir des années 80 des îlots de résistance et de contre-culture. Ils expérimentent des pratiques politiques non conventionnelles et des modes de vie légitimés par une critique radicale de la société capitaliste. Historiquement, ils s’inscrivent dans la continuité des circoli del proletariato giovanile (CPG) et des mouvements des années 70. Si la forte mobilisation politique et la confrontation directe avec le pouvoir ont caractérisé ces années-là, les décennies suivantes sont plutôt marquées par une absence d’engagement politique, un reflux des luttes et des organisations (syndicats, Lotta continua, Autonomia Operaia, etc.). Dans un contexte de repli sur soi et de vide politique, la création des centres sociaux se veut la seule réponse politique radicale. Les groupes qui portent ces expériences sont composés à la fois par des militant-e-s historiques et des jeunes moins politisé-e-s. Selon les fondateurs du centre social florentin (CPA) , l’idée est qu’après avoir perdu la bataille, il faut repartir de zéro. Dorénavant, il s’agit de lutter pour des revendications qui puissent, sans forcément aspirer à des changements radicaux, influer au niveau local et dans la vie quotidienne. (Sara 2006) Les CSOA ne se résument donc pas à des regroupements de la gauche alternative mais se veulent au « service du peuple ».

mardi 24 août 2010

Leçons des expériences autogestionnaires passées et en cours

Evelyne Perrin (FASE)


La lecture du riche et passionnant ouvrage collectif paru en mai 2010 chez Syllepse, sous le titre « Autogestion hier, aujourd’hui, demain » (Lucien Collonges coord.), inspire quelques réflexions, bien entendu soumises au débat, sur les leçons qu’il faut tirer des expériences autogestionnaires qui se sont succédées dans l’histoire, dans de nombreux pays, et qui se déroulent aujourd’hui sous nos yeux en Amérique Latine.
En effet, ce livre nécessaire passe en revue, plus ou moins longuement, les cas de la Commune de Paris, de l’autogestion catalane de 36, des réquisitions marseillaises de 1944 à 1947, de l’Algérie de Ben Bella de 1962 à 1965, de l’expérience autogestionnaire de la Yougoslavie de 1953 à 1980, des conseils ouvriers de Budapest en 1956, du Printemps de Prague en 1968-69, celui du Chili de Allende de 1970 à 1973, de la Révolution des Œillets au Portugal en 1974, de l’expérience polonaise de Solidarnosc en 1980-1981, pour finir par la commune libre de Oaxaca au Mexique en 2006, et par les expériences actuelles de l’Argentine, du Venezuela, de l’Equateur et de la Bolivie.
Tout d’abord, l’autogestion généralisée n’apparaît pas n’importe quand. Il lui faut en général des conditions bien précises de crise ou de vacance du pouvoir, de délégitimation de l’autorité de l’Etat, ou de celle du patronat (pour faits de collaboration avec l’ennemi par exemple, comme en France au sortir de la seconde guerre mondiale, ou du fait de sa fuite, comme en Argentine), et de situations de grave pénurie ou chaos nécessitant et suscitant l’intervention populaire.

En écho à "L’AUTOGESTION, hier, aujourd’hui, demain", (Ed. Syllepse).

Collectif Lucien Collonges (coord.)

Gilbert Dalgalian * 


L’autogestion est à la fois une approche théorique pour approfondir la démocratie et des pratiques de démocratie directe. Sous ces deux aspects l’autogestion – comme ce livre, coordonné par le collectif Lucien Collonges, qui en déploie les nombreuses facettes – s’inscrit dans une histoire, mais aussi et surtout dans une actualité de crises multiples.

Comme pratique, l'autogestion est une réponse concrète immédiate aux urgences et aux régressions, ainsi qu'à la faillite de l'État (qui privatise jusqu'aux biens universels), de l'entreprise (soumise aux diktats de la finance) et de nombreux secteurs de la vie sociale pour lesquels la seule délégation de pouvoir ne garantit plus une gestion équitable et efficace. L'autogestion est une recherche permanente de solutions alternatives.


I. Le contexte historique
Voyons d’abord ce contexte sur la longue durée. La démocratie directe, comme gestion ou contrôle citoyen, a toujours été présente, sous des formes et dans des limites variables, dans tous les systèmes sociaux. Aucun système social ni régime politique n’a réussi à l’échelle historique à occuper tout l’espace des pouvoirs et de la gestion des sociétés.
Ces espaces de démocratie directe se sont au fil du temps amplifiés sous les régimes de démocratie représentative (monarchies constitutionnelles, républiques). Les associations, les syndicats, les partis, les mutuelles, les coopératives sont – chacun à sa façon – des espaces de démocratie directe où la gestion et le contrôle ne sont limités que par le manque de vigilance de leurs membres et les dérives bureaucratiques.